Faïza Guène
Par Enki40, mardi 12 septembre 2006 à 13:20 :: Textes et Articles :: #275 :: rss
FOG ( Franz-Olivier Giesbert ) a débutté une nouvelle émission. Le premier invité (politique) était François Bayrou, avec pour principe sa rencontre avec trois auteurs dont il ne connaît pas l'identité avant le commencement de l'émission. "Journaliste, romancier ou personnage du monde littéraire lui tiendront tête sur l’un des sujets clé de sa campagne présidentielle : l’Education nationale."
Les trois invités étaient Jean-françois Khan et Maurice Dantec. La troisième était une nouvelle venue dans le cercle médiatico-littérraire: Faïza Guène, présentée ainsi par FOG:
" Faïza Guène , surdouée de bobigny, vous aviez fait un best seller incroyable, il y a quelque années, vous aviez 19 ans, avec "kif kif demain", vous revenez avec "Du rêve pour les oufs". C'est un roman où toute votre drôleries et votre langage des cités chez Hachette Littérature »
L'émission est bien sûr à visionner et voici quelques extraits retranscrits (au mieux):
12mn45
-FOG: ...phrase d'Allen (?) votre narratrice: elle dit, ça c'est votre ton dailleurs c'est très drôle comme style, : « j'ai demandé à la conseillère à tort et à travers d'éducation si dé-scolariser un gosse de 15 ans parce qu'il a fait le constat que son prof a un gros cul, heu ça n'était pas une décision un peu extrême, ». Vous trouvez qu'il ne fallait pas le sanctionner ce gosse ?
-FG: C'est pas ma position c'est mon personnage qui dit cela...
-FOG : ha ouais non mais attendez ouiais
-FG: Attendez j'vous explique le personnage de heu principal cette jeune fille de 24 ans, elle se positionne en opp, en fait heu elle est totalement en opposition avec la génération de son père, qui qui heu qui au contraire a un profond respect pour l'autorité, a peur même, j'dis à un moment dans un passage que il rase les murs, qu'on paye le loyer à temps, et tout cela, et moi je fais partie de cette génération de jeunes qui a grandit dans le « faut être gentil , on est pas chez nous »; Donc je pense que c'est plus de l'incompréhension par rapport à cette grattitude en sachant ce qu'ils ont vécus et... et les difficultés dans lesquelles ils ont vécus en France.
(...)
24mn40
-FOG: première question : qu'est-ce que vous pensez de la proposition de Nicolas Sarkosy de heu à Marseilles l'autre week-end comme quoi heu heu heu les élèves devraient se lever quand le prof entre dans une classe, voilà, ça c'est quelque chose c'est une question très concrète, est-ce qu'il faut changer cela dans l'éducation nationale
-FG: je comprend pas ce que ça va apporter heu parce que il y a des problèmes plus profond que cela, aujourd'hui moi je peux parler de par exemple de du du du rapport entre heu professeurs et élèves dans les quartiers, j'ai été dans un collège en Zep heu j'arrive heu dans une salle où heu la peinture elle s'écaille, les rideaux sonr déchirés; y a pas de livres, y a pas d'ordi y a un ordinateur pour heu plus de 500 élèves, heu on fait pas de sortie parce que heu les lieux ne veulent pas nous accueillir heu de peur heu que l'on ne détériore ou je ne sais pas quoi, on est dans un truc où on se sent dévalorisé en permanence. Heu donc heu avant de se lever pour accueillir le professeur dans la salle, il faut résoudre les problèmes je pense encore plus profond que ça, il y a un problème d'autorité qui est lié à un tas de choses heu notamment
-FOG: on est passé de la haute philosophie à la cage d'escalier, mais c'est un vrai, problème, un vrai sujet c'est sûr...
-FG: Je pense qu'on est pas qu'il n'y a pas que nous qui avons ces préocupations là
-FOG: bien sûr
-FG: ...et juste pour finir ma première question heu est-ce que donc heu vous pensez que qu'il y a vraiment un même pas un désintérêt heu heu comme si on n'y croyait plus vraiment qu'on s'dit de toute façon bon heu après monsieur Bayrou heu certainement il a des choses à proposer et tout mais peut être que c'est un des moins pires en fait et on choisit
-Bayrou (riant): c'est déjà pas si mal comme affirmation
(...)
29mn35
-Bayrou: un mot encore juste pour pas aller dans votre sens... même si il est plus facile d'aller dans votre sens. C'est pas le confort matériel , ni le nombre d'ordinateurs qui fait l'école
-FG: Moi je dis que ca participe à la dévalorisation
-Bayrou: ouiii
-FG: Et juste heu...
- Bayrou: Ca participe à la ...au au à la dignité de l'école. Mais heu ce qui est le plus important dans l'école c'est pas le matériel c'est ce qui se passe entre les élèves et le prof ce qui se passe dans les têtes et les sensibilités;
(...)
31mn58
-Bayrou: pour moi ce qu'il faut c'est qu'il soit pour tous certain qu'il y a des comportements à l'intérieur des mûrs de l' école que on ne s'autorise pas. Je crois qu'il y a quelque chose de sacré à l'école. Ce sont des mots d'un autre temps peut être dira Dantec mais je crois que l'école c'est un endroit dans lequel y's passe des choses qui ne rélèvent pas du rapport de force, qui ne relèvent pas de l'argent, etc...
-FOG: qui relève du sacré.
- Bayrou: ouais.
(...)
33 mn 08
- FG: Moi je crois heu aux valeurs républicaines que l'on m'a apprises à l'école, je crois que l'on comprend très tôt ..heu...quand on surtout quand on vient d'un milieu..heu ...qui est pas favorisé que ...heu...c'est à l'école que ca peut se passer où nul part ailleurs en fait, et que c'est vraiment heu vraiment
-Bayrou: et c'est vrai !
-FG: et j'en suis convaincu...seulement..heu et .. je pense heu qu'au-delà de la question matériel parce que c'est ps le problème central, il y a aussi un truc d'histoire, d'histoire de nos parents, d'histoire de plein de choses qui jouent, parce que c'est vrai que les rapports d'autorités avec les professeurs, j'pense que y a plein de choses qui sont très complexes et notamment le rapport au heu au professeur blanc heu qu'on voit comme le colonisateur parce que j'ai l'impression que dans beaucoup de heu d'inconscient de cette jeunesse là heu elle s'est pas décolonisée heu donc on voit le professeur comme celui qui va nous apprendre à vivre, si on on si un prof vient te dire "lève-toi" quand je rentre en classe il y a des choses qui sont mal prises parce que il y a plein de trucs qui sont pas réglés, est-ce que vous êtes d'accord avec cela ou...qu'est-ce que vous avez à dire dessus...
-Bayrou: oui c'est c'est c'est pas facile de faire un pays ensemble parce qu'on a chacun son histoire et ses souvenirs très anciens et ... mais... ça doit pas être le prof qui dit "lève-toi" quand j'entre en classe..
- FG: Mais pour que ce soit l'initiative de l'élève il faut que ce soit ...
-Bayrou: non ca doit être heu...c'est
-FOG: ...naturel...
-Bayrou: ... ça doit être la chose la plus naturelle...
-JFK: ...le consensus...
-Bayrou: ...oui...
-JFK: ...le respect mutuel...
-Bayrou: c'est même pas une règle que l'on a besoin de rappeler, c'est comme cela, c'est une manière de dire bonjour, de faire le silence, de faire un peu de calme, heu y a des profs pour qui c'est l'enfer la classe, (...)
Ces simples extraits sont en eux-mêmes riches de commentaires et confirment bien des choses...
Mais laissons cela de côté et voyons voir qui est cette jeune personne qui nous tient ce discours avec autant de naturel.
Elle est jolie Faïza, et effectivement elle a ce petit truc qui fait que, quand elle parle, on a envie de l'écouter ... élément indispensable à tout passage de l'ombre à la lumière permettant de dépasser les 1500 exemplaires moyens de vente du monde de l'édition romanesque.... Mais est-ce cela qui fait l'écrivain(e) ? Et qu'était-ce que ce premier roman ?
http://www.istitutosup-gavirate.it/studenti/immigrazione/francese.html
Doria, née dans une famille marocaine, a quinze ans et vit avec sa mère dans un appartement de la banlieue parisienne.
Elle vit seule avec sa mère depuis que son père, "le barbu", est reparti au Maroc pour trouver une femme plus jeune et plus féconde que sa mère, qui lui donne le fils qu'il n'a pas eu. Ça pour sa fierté, son nom, l'honneur de la famille et encore plein d'autres raisons stupides. Depuis, sa mère est là, "mais physiquement parce que, dans sa tête, elle est ailleurs, encore plus loin que mon père". Ça, chez Doria, s'appelle le mektoub, c'est-à-dire le destin: "Ça veut dire que quoi que tu fasses, il sera toujours pareil".
Doria a des problèmes à l'école et n'ayant pas pu redoubler, parce qu'il n'y a pas assez de places pour tout le monde, elle est orientée vers un CAP de coiffure. Avec la télévision elle a appris beucoup de choses. Elle à la tête plein des rêves, comme celui de faire l'actrice et monter les marches de Cannes. Son problème principal? Doria n'aime pas sa réalité. Toujours pareil: être traitée comme une assistée et soumise aux "inchallah",ce joker des mères qui veut dire ni oui, ni non. C'est "si Dieu veut " la vraie traduction. Mais ça, on pourra jamais le savoir si Dieu il veut ou pas...
Sa mère, Yasmina, fait le ménage au Formule 1 de Bagnolet où elle découvre la grève avec ses collègues, dont Fatouma, la déléguée syndicale, qui parviennent à faire entendre leurs revendications: elles ont gagné leur lutte. Dans le quartier, elle est suivie par des assistantes sociales qui lui proposent de quitter ce travail sans avenir pour faire une formation d'alphabétisation, bien que elle flippe parce qu'elle n'est jamais allée à l'école. Pendant la formation elle ne finira pas tard le soir. Comme ça, Doria peut la voir beaucoup plus et donc oublier moins souvent qu'elle a une mère.
Doria nous présente aussi Hamoudi, son copain de vingt-huit ans et son grand frère de coeur qui lui récite des poèmes de Rimbaud. Hamoudi passe son temps à fumer des pétards. Il est tout le temps déconnecté et c'est pour ça qu'elle l'aime bien: tous les deux n'aiment pas leur réalité.
Et puis il y a Nabil, le nul, qui lui donne des cours particuliers et lui vole son premier baiser.
Une des relations principales de la famille, c'est tante Zohra. Son mari, il a épousé une deuxième femme au pays et, comme dit Doria, "il reste six mois là-bas et six mois ici… Il fait du mi-temps". Un jour, elle a téléphoné en panique parce que des policiers sont venus chez elle à six heures du matin pour arrêter Youssef , son fils, impliqué dans un trafic de drogue et des histoires de voitures volées. Mais pour Doria, Youssef est un mec gentil et ne mérite pas d'aller en prison. En prison quelqu'un a dû profiter de sa fragilité carcérale pour lui remplir la tête de discours liés à de péchés graves et de punitions divines. Tante Zohra est préoccupée et dégoûtée de la vie.
Chez Doria les filles sont parfois "détenues" à la maison, comme Samra du onzième étage qui a été toujours surveillée par son père et son frère et sa mère ne peuvait rien dire ou rien faire. Pour se sauver des maltraitances Samra a fugué. Tout le monde ne parle que de sa disparition et on dit même qu'elle est déjà enceinte. Ce que Doria ne comprend pas est pouquoi personne ne parlait de Samra quand elle était enfermée chez elle, comme si c'était normal, et maintenant qu'elle a réussi à se libèrer les gens l'accusent.
Mais dans la cité du Paradis où habite Doria il suffit que tu fasses un truc un peu mal vu et c'est fini pour toi, t'es catalogué jusqu'à la mort. Elle cite l'exemple d'une fille du quartier qui avait trouvé sa voie dans le théâtre ; ses parents la laissaient vivre sa passion jusqu'au jour où une lettre anonyme dénonça leur tolérance coupable : "On a remarqué qu'elle se maquille, qu'elle aime plaire aux hommes et qu'elle tente Satan…Votre famille est une qu'on respecte alors il faut que ça continue. Une fille peut être emmenée dans le droit chemin par son père…". Du coup, elle n'a plus eu le droit de sortir et elle a commencé à entendre parler de mariage, dernier recours quand les parents ont l'impression que les filles leur glissent entre les doigts.
Doria est plustôt du genre emportée. Dégoûtée de tout, sauf de l'amour pour sa mère, toujours l'objet de tendresses, Doria critique tout ce qui l'entoure: Mme Burlaud, sa psychologue chez qui elle va tous les lundis pour l'aider. C'est le lycée qui l'a envoyée chez elle. Les profs se sont dit qu'elle avait besoin de voir quelqu'un parce qu'ils la trouvaient renfermée. Mme Burlaud était un peu bizarre et inquiétante. Elle aussi, selon Doria, parfois, devrait voir un psy.
Elle critique les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle depuis que son père en s'est allé. La première, qu'elle surnomme Barbie (comme la poupée) et elle sourit tout le temps pour rien comme si elle a besoin d'être heureuse à la place des autres. Un autre qui s'est émerveillé de voir pour la première fois en dix ans de métier des arabes avec un enfant seulement. Ou bien une autre assistance sociale avec qui on a l'impression d'être de vulgaires numéros de dossier.
Elle trouve stupides les appréciations définitives de ses profs sur son bulletin, comme "Affligeant, désespérant, élève qui incite à la démission ou au suicide…" ou bien "semble perdue" ou pire "redescendez sur terre!".
Elle déteste l'employeur de sa mère, un vague directeur d'hôtel Formule 1 qui exploite sans vergogne ses employées immigrées.
Elle est contre le Proviseur de son collége, qui "doit faire partie de ces gens qui croient que l'illettrisme, c'est comme le sida. Ca n'existe qu'en Afrique".
Elle critique elle même, Doria, qui n'aime pas qu'on la juge mais passe son temps à juger les autres.
Et puis un jour, Doria retrouve Nabil, ils se réconcilient et il doit même la emmener au cinéma. Elle est trop contente et elle croit aussi qu'elle l'aime bien...Peu à peu, l'avenir se construit avec Nabil…
À partir de ce jour, les bonnes nouvelles s'enchaînent : Hamoudi a trouvé un boulot, qu'il aime bien; il commence trouver bien la legalité et décide de se marier. La mère de Doria a appris à écrire son nom sans faute et elle a trouvé un nouveau travail: elle est dame de cantine pour la municipalité. Depuis, elle est moins pensive est plus heureuse. En plus elle est amoureuse de Bertrand Delanoé, le maire de Paris! Mme Burlaud, la psy, qui lui donne congé parce que la thérapie était terminée. Doria qui réussit dans sa nouvelle école et elle est à son aise.
Alors Doria conclue, par un joli jeu de mots : "avant je disais tout le temps quand j'allais pas bien et que maman et moi, on se retrouvait toutes seules : Kif Kif demain (pareil demain)- demain sera comme aujourd'hui, aussi morose aussi peut ouvert sur l'avenir. Maintenant, je l'écrirai différemment : Kiffe Kiffe demain, du verbe kiffer (aimer, adorer)- j'aime demain, je l'espoir dans ce que sera demain".
Kiffe kiffe demain est d'abord une voix, celle d'une enfant des quartiers, qui met en valeur les difficultés de la vie quotidienne dans des banlieues. Mais c'est surtout un roman plein de force et d'humour.
Dans un style léger et simple, plein d'énergie et de drôlerie, avec Faïza Guène on revisite la France des quartiers où habitent des Français pas tous d'origine, encore divisés entre deux mondes. Faïza dit: "Nous les filles, nous devonvs vivre en douce pour ne pas décevoir nos parents". C'est donc une génération encore coincée entre deux cultures, ces jeunes sont des hybrides qui veulent éviter la rupture et cherchent une équité entre les deux cultures qui forment leur identité.
C'est simple comme tout, mais derrière la naïveté du propos il y a une réflexion superbe, derrière chaque phrase, il y a une image étonnante.
On y retrouve un message d’espoir tellement touchant que l'auteur veut nous faire ressentir: la vie vaut la peine d'être vécue, la roue tourne pour tout le monde et les problèmes se résolvent. Certes, l'avenir peut sembler bouché, monotone et marqué par la fatalité. En fait, il est entre nos mains. Il devient ce que nous en faisons quand nous saisissons les occasions que la vie nous propose, quand nous apprenons à aimer la vie qui nous est offerte… Comme le dit Faïza : « L'amour, c'est aussi une manière de s'en sortir. »
Doria a 15 ans et habite une cité de Livry Gargan, dans la banlieue parisienne. Sa cité n'a pas bonne réputation. Quand on en parle à la télé c'est pour des affaires de drogue ou de violence. Doria est lycéenne et vit seule avec sa mère depuis que son père est rentré au Maroc, les abandonnant pour se trouver une femme plus jeune. Doria nous raconte sa vie plutôt minable accrochant au passage quelques bouts de vie d'autres personnages (le jeune dealer qui essaye de rentrer dans le rang par exemple). Tout y est : le racisme ordinaire mais douloureux, les idées reçues, le pessimisme rendu par un humour désespéré. Faïza Guène égratigne au passage la société française et ses services sociaux personnifiés par une galerie hilarante d'assistants sociaux, de psychologues... Le langage n'est pas celui de Proust mais il est vrai, direct..
Un extrait :
"Plus tard, moi, je voudrais travailler dans un truc glamour, mais je ne sais pas où exactement... Le problème c'est qu'en cours, je suis nulle. Je touche la moyenne juste en arts plastiques. C'est déjà ça mais je crois que pour mon avenir, coller des feuilles mortes sur du papier Canson, ça va pas trop m'aider. En tout cas, j'ai pas envie de me retrouver derrière la caisse d'un fast-food, obligée de sourire tout le temps en demandant aux clients : "quelle boisson? menu normal ou maxi? sur place ou à emporter? pour ou contre l'avortement?" Et de me faire engueuler par mon responsable si je mets trop de frites à un client parce qu'il m'aurait souri... C'est vrai, ça aurait pu être l'homme de ma vie celui-là. Je lui aurais fait une réduction sur son menu, il m'aurait emmené à Hippopotamus, m'aurais demandée en mariage, et on aurait vécu heureux dans son sublime F5".
Quelques critiques sur le web :
http://forums.france2.fr/france2/livres/Les-pires-romans-vous-ayez-sujet-754-2.htm
antillaise 25 Posté le 16-05-2006 à 18:03:35
Plouf111 a écrit :
Dans le genre pire, mon ex belle-mère m'avait mis dans les mains "la valise en carton" de qui vous savez, je suppose. J'ai pas lu la moitié d'une page. Un truc pareil ne devrait même pas exister.
Excellent ! Brave Linda.
Dans le genre qui ne devrait pas exister et que n'ai pas du tout du tout réussi à lire, c'est kif kif demain, de Faiza Guène.
J'en ai la chaire de poule rien que de l'évoquer !
Fulmi fr.martini.free.fr/livres/ Posté le 17-05-2006 à 01:21:18
Plouf111 a écrit :
Et elle parle de quoi, cette horreur ?
La vie quotidienne dans une HLM du neuf-trois, narrée par une ado de quinze ans.
L'auteur a été présentée comme un prodige de la banlieue, écrivant son premier roman à dix-sept ans (celui-ci, donc), dans un français à la syntaxe classique exemplaire (dixit Erik Orsenna en direct à la télé). De fait, c'est vrai, la syntaxe de Kiffe-kiffe demain est excellente. Le niveau de vocabulaire est basique, même Marc Levy n'en voudrait pas, mais enrichi de tout ce qu'on arrive à transcrire du langage rebeu-djeunn.
À la télé, la jeune dame ne semble pas savoir où on trouve dans son roman le seul subjonctif, signalé par l'animateur. Mais à la télé, c'est vrai, on a le trac. Je doute qu'elle l'ait écrit elle-même, ce roman (je ne vois pas l'utilité, pour Hachette-Littérature, de perdre du temps, donc de l'argent, et de risquer de laisser passer la mode des djeunns rebeux du neuf-trois* en faisant écrire un roman d'élevage à cette jeune fille. Le négriat est bien plus efficace et tout aussi authentique (un prof du neuf-trois vaut bien une authentique hachélémienne)).
* De fait, depuis novembre dernier, ils sont passés de mode, je me demande pourquoi. Je ne parierais pas un kopek sur l'avenir littéraure de Mlle Guène jeune prodige prématurément has-been. La faute aux voitures, trop faciles à brûler, sans doute.
Ai-je été suffisament méchant ?
Bo le net est ingrât , c'est bien connu. Voyons maintenant le sujet de son nouveau roman...
Du rêve pour les oufs
Ahlème a 24 ans. Elle vit à Ivry en banlieue sud avec "Le patron" (son père) et Foued, son petit frère de 13 ans. "Le patron", personnage loufoque, a perdu la boule il y a trois ans lors d'un accident de chantier où sa tête a heurté une solive. N'ayant plus toute sa tête, dépassé par les événements, c'est un "patron" dont l'autorité repose avant tout sur Ahlème qui a fort à faire avec Foued, un vrai petit chétane (voyou). La seule chose qui le retient de ne pas collectionner les conneries, c'est la surveillance de sa sœur. Le problème est qu'elle aussi a fort à faire, entre ses missions intérim (les comptages de clous chez Leroy Merlin), les files d'attente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour (tous les trois mois) et ses histoires d'amour foireuses (pourquoi ses copines s'entêtent-elles à lui présenter des ploucs ?). Malgré sa vigilance, elle ne peut donc empêcher longtemps son petit frère de glisser sur la mauvaise pente et va donc se défouler de plus en plus souvent chez "tantie Mariatou ", professionnelle du dicton et mère par procuration. La sienne, la vraie, a été assassinée en Algérie en 1992. Puis, elle apprend un matin que, suite à ses démêlés judiciaires, Foued est menacé d'expulsion. Certains auraient baissé les bras et arrêté de rire. Mais pas elle. Car, comme dit Tantie Mariatou : " On a beau couper la queue du lézard, elle repousse toujours. "
Dans ce deuxième roman très attendu, le personnage a mûri, de même que le style de l'auteur.
Voyons voir maintenant ce qu'elle déclare hors livre, et qu'elle ne se cache pas derrière l'un des ses personnages:
http://www.mini-sites.hachette-livre.fr/hcom/faiza_guene/site/montreuil.html
Bibliothécaire : Les raisons de cette violence sont peut-être cette pauvreté et l'illettrisme, deux choses qu'on évoque peu ?
Faïza Guène : Ce sont les vraies causes. L'image aussi que les médias véhiculent des quartiers engendre des réactions négatives. On nous renvoie une mauvaise image de nous mêmes. Dévalorisés ainsi, nous ne pouvons nous respecter et faire les choses à la hauteur. Les médias parle plus souvent des conséquences, des voitures qui brûlent, des balles perdues que des raisons qui ont amené à de tels actes.
Voyons maintenant comment la présente ce site :
http://www.maghreb-in.com/actualite_maghrebine/faiza_guene.php
«Elle va faire connaître un peu plus ce que nous vivons, soupire une amie. Nous les filles, nous devons vivre en douce pour ne pas décevoir nos parents.» «C’est une génération encore coincée entre deux cultures, explique un professeur. Elles veulent éviter la schizophrénie et tentent la cohabitation. Mais elles sont à la veille de leur Mai-68.» (...) Voilà cinquante ans, Papa quitte ses chèvres et son djebel pour tenir un marteau-piqueur sur le pavé parisien. Maman arrive plus tard pour faire une famille. Deux filles et un garçon, couvés avec vigilance, abreuvés de deux préceptes: «Soyez gentils» et «Travaillez à l’école». «Je ne voulais pas que mes filles perdent leur vie, comme moi, à aider leur mère, explique la maman. Même leur verre était déjà rempli d’eau quand elles rentraient manger à midi!» Faïza, la cadette, championne d’orthographe et première en rédaction, emprunte le matin des livres qu’elle rend le soir, gribouille des histoires sans arrêt. Elle saute le CP et déteste la sonnerie qui met fin aux ateliers de lecture. Au collège, le djeja – petit poulet maigre – s’étoffe, fréquente le dictionnaire, découvre Zola, Brassens, Kateb Yacine. Jusqu’au jour où un prof, Boris Seguin, l’emmène faire un reportage pour le journal du collège sur la maison de quartier. Elle doit raconter l’atelier d’écriture cinématographique qu’il y anime. Un génie, ce Seguin. Il invente des chemins de traverse pour donner aux élèves l’envie de maîtriser leur langage et leur écriture. Autant que la rime, le décorticage du verlan fait partie du programme. Le jour du reportage, Faïza, médusée, lâche son article et assiste à l’atelier. Elle ne l’a jamais quitté depuis. «La gamine de 13 ans aux yeux pétillants a appris les bases de la grammaire cinématographique, se souvient Julien Sicard, maître d’œuvre de l’association Les Engraineurs qui produit les films de l’atelier. Elle nous a vite apporté son premier scénario, trois pages manuscrites assez propres.» Sidérés, les cinéastes lui font travailler son texte et le tournent en vidéo. Le film s’appelle «la Zonzonnière», du nom des filles trop surveillées. Faïza devient vite «l’Engraineuse» la plus productive. A 15 ans, elle réalise «RTT», son premier court-métrage, «avec trois sous qui se courent après». Le projet manque de capoter la veille du tournage, l’actrice principale ayant déclaré forfait. La mère de Faïza propose de reprendre le rôle. Elle apprend le texte en épluchant ses légumes, et elle «cartonne», dit sa fille, «trop fière d’elle». «RTT» remporte trois prix dans des festivals. Cinq courts-métrages suivront, mais aussi un documentaire sur le 17 octobre 1961, «pour raccrocher les wagons avec la mémoire de son père», dit un ami. Après le bac, elle abandonne rapidement l’IUT voisin. «Des Martiens dont je ne comprends pas le langage.» Elle déprime, se sent nulle. Mais heureusement Les Engraineurs sont là pour la pousser à reprendre l’écriture. Faïza respire à nouveau, écrit et fait lire 50 pages d’«un truc» à Boris Seguin, qui les apporte aussitôt à sa sœur, éditrice chez Hachette. Contrat signé pour un «Kiffe kiffe demain»… Dans la foulée, ils se mobilisent pour qu’elle réalise un moyen-métrage. Un vrai film cette fois, «Rien que des mots», avec 60000 euros du Fonds social européen et du Centre national de la Cinématographie. Le tournage a lieu en décembre dernier. Casquette sur la tête et cahier sous le bras, Faïza dirige 20 techniciens professionnels et sa dizaine d’acteurs, dont sa mère. Le film sortira en septembre. Combien de temps restera-t-elle encore la fille des Courtillières? Maman s’inquiète parfois de la voir aussi souvent partie: «On va t’oublier, tu sais…» Câline, Faïza s’en sort par une vanne: «Garde-moi ta plus belle robe orientale pour le jour où je monterai les escaliers à Cannes!» Elle ne dit pas à «ces gens dignes» que leur fille «ne sait pas où elle va». «Je suis une égarée, lance-t-elle. Je vais où le vent m’emporte, mais j’ai du temps à perdre.» Les bancs de l’école lui manquent, elle y retournera en septembre, en socio à Saint-Denis. Elle file aussi souvent que possible avec ses copines explorer le vaste monde de l’autre côté du périphérique. De quoi engrainer son premier sujet en dehors de la cité. (...)
Quelles questions de journalistes t-ont le plus énervée ?
"C'est vrai qu'il y en a… c'est désespérant ! Surtout en TV. Chez PPDA j'étais interviewée avec Valérie Toranian, la rédac chef de « Elle ». Elle présentait un petit bouquin sympa de 50 pages « pour en finir avec la femme ». Il lui dit « Vous vous êtes insurgée contre ces femmes qui portent la burqa dont le visage est grillagé…etc… il se tourne vers moi et me sort « Et vous qu'est-ce que vous pensez du foulard islamique ? » Tant d'études, mon gars, pour faire une transition pareille ! Je lui ai dit que je pouvais pas parler en deux minutes d'un problème aussi compliqué. La TV c'est pas un outil qui offre du temps. Ou on me demande « vous écoutez quoi, Diam's ? » Non, moi j'écoute Georges Brassens ! C'est ça les clichés ! Pourquoi on me pose pas de question sur le fauvisme ou l'architecture gréco-romaine ? Si ta parole est publique, même si je ne donne qu'une opinion personnelle, on va imaginer que toutes les filles de ta génération et de ton milieu socio-culturel pense comme toi. J'en ai marre qu'on pose ces questions parce que je suis rebeu et que j'habite dans un quartier. Ca m'énerve. Faut toujours aussi qu'on m'apparente à un mouvement, les ni putes ni soumises, etc... Faut briser toutes ces idées reçues !"
Et voyons ensuite comment sa maison d'édition la présente:
Française d'origine algérienne, elle est la cadette d'une famille de trois enfants. Elle a grandi et vit dans la cité des Courtillières à Pantin.Originaire de la cité des Courtillières à Pantin Chronologie
1985 : naissance à Bobigny
1999 : premier court-métrage La Zonzonnière
2002 : deux courts-métrages RTT et Rumeurs et un documentaire Mémoires du 17 octobre 61
2004 : premier roman Kiffe Kiffe demain, Hachette Littératures et troisième court-métrage Rien que des mots
2004 à maintenant : Chronique mensuelle dans l'émission le Monde selon Wam, France Inter, samedi de 18h à 19h
2005 à maintenant : colonne dans Respect Magazine
2006 : second roman Du rêve pour les oufs, Hachette Littératures
respect Magazine ? ca me dit quelque chose...
http://www.respectmag.fr/ dont le sous titre est "décoloniser notre imaginaire"
Respect Mag a vu le jour parce que la jeunesse avait besoin d'un espace qu'elle puisse partager. Tout en valorisant les dynamiques portées par le métissage et la diversité de ce pays, et notamment par ses minorités, notre démarche n'exclut personne. Elle inclut chacun en disant «l'égalité, la visibilité de la diversité, le vivre ensemble, c'est notre affaire à tous».
Qui retrouve t-on au sommaire du numéro 9 ?
Public Enemy Les parrains du rap en visite à Paris et aussi le dossier: Banlieues après les flammes : 40 propositions pour sortir des ghettos Douze pages pour revenir sur trois semaines qui ont marqué l’année. Humeurs, points de vue, analyses... Yamina Benguigui, Dounia Bouzar, Stomy Bugsy, Christian Delorme, Yazid Kherfi, Patrick Lozes, Samir Mihi , Marie Trellu-Kane, Karim Zeribi posent leurs mots et leurs regards. Et aussi 40 propositions émises dans l’urgence, à débattre et à compléter.
Qui retrouve t-on au sommaire du numéro 10 ? HUMEURS Les réactions de Esther Benbassa (chercheuse), Mustapha (humoriste), Anis (chanteur), Clémentine Autain (conseillère jeunesse du Maire de Paris), Didier Roustan (journaliste sportif)
adresse: Pour nous contacter : Association Respect, les amis 4 place de Valois 75001 Paris Tél. / Fax : 01 40 20 06 41 administration@respectmag.fr
Fichtre que voilà une adresse chic!!!!
Alors qui sont-ils en fait ? C'est wiki qui nous le dit http://fr.wikipedia.org/wiki/Respect_Magazine
Le magazine participe au débat sur le voile à l'école et tend à se rapprocher des pro voile. En mars 2004, il publie une enqupuête critique sur l'association Ni putes ni soumises. Il apporte également son soutien à l'Appel des indigènes de la République.
Sa diffusion est de 18 000 exemplaires dont 3 000 par abonnement.
L'autofinancement n'est pas atteint, et le journal qui est édité par l'association Respect, les amis est soutenu par le ministère de l'emploi et du logement au titre de la cohésion sociale ainsi que par le FASILD. Il est aussi aidé par l'association SolidarCité et diverses entreprises.
PS: No comment.




Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.