L'islam rend impossible la liberté religieuse: l'exemple Bahi en Egypte et en Iran
Par Enki40, mercredi 3 janvier 2007 à 00:16 :: Textes et Articles :: #587 :: rss
Parce que née après l'islam, parce que religion ne figurant pas dans le Coran, les baha'ïs font l'objet de persécutions particulièrement intenses. Considérés comme hérétiques ils sont des non-citoyens. Non pas que les autres religions soient, elles traitées à égalité de l'islam. Mais, eux, le sont d'autant moins qu'il osent apparaitre après Mahomet pourtant , (Nom d'un Coran!) auto-déclaré der des der des prophètes. Leur rejet de tous prophètes n'arrange dailleurs guère les choses. Et en terre d'islam, ils risquent leur vie, à l'image de leur premier apôtre, Al-Mirza Ali Mohamed Al-Chirazi, né dans le milieu du XIXème siècle en 1844, qui fut arrêté, condamné à mort, et exécuté devant le peuple en Iran dans les années 1850.
Voyons donc quel est leur statut en Egypte comme en Iran.
Les bahá'ís d'Egypte sont sans papiers. Dans un pays où tous les citoyens doivent indiquer leur religion sur leur Etat-civil, la Cour administrative suprême égyptienne vient de leur dénier le droit de s’identifier comme bahá'ís. Elle les prive du même coup d’inscrire leurs enfants à l’école, de postuler pour un emploi, de détenir un compte en banque ( et donc de garder leur emploi par impossibilité de se faire verser son salaire ,comme Bassem Wagdi qui vient de perdre son emploi à l'Université allemande du Caire), d'accéder aux soins, d'obtenir un certificat de naissance, de souscrire à une police d'assurance, de renouveler leur carte grise, ... entre autres. Ils ont le choix entre se convertir contre leur gré à l'Islam, au Christianisme ou au Judaïsme, les trois religions reconnues, ou être privés d'Etat-civil.
L’affaire a démarré au printemps 2006. Husam Izzat Musa et Ranya Enayat Rushdy, un couple marié, se sont vu confisquer cartes d’identité et passeports quand ils ont demandé à y inscrire les noms de leurs filles, dont les actes de naissance mentionnaient la religion bahá'íe.
En avril, un tribunal administratif avait statué en leur faveur, obligeant l'Etat à leur délivrer des cartes d’identité indiquant leur religion. L’arrêt affirmait que même si le gouvernement ne reconnaissait pas à la Foi bahá’íe le caractère d’une religion, ses membres devaient néanmoins pouvoir inscrire leur appartenance religieuse dans les papiers officiels.
Ce jugement a provoqué un tollé parmi les éléments extrêmistes de la société égyptienne, qui se sont élevés contre toute mention officielle d'une religion autre que celles évoquées dans le Coran. Des organisations indépendantes des droits de l'homme se sont intéressé à l'affaire. Des centaines d'articles, témoignages, commentaires, émissions de télévision, et même des débats en direct dans les médias égyptiens et arabes ont relayé l'histoire du couple Musa-Rushdy et ses retombées, ouvrant un véritable débat dans la société civile sur les questions de liberté de conscience et de tolérance religieuse. Le Figaro qui leur accordé un article aujourd'hui précise : "Un débat biaisé, reflet de la méconnaissance et de l'intolérance dont les baha'is sont souvent victimes. "Si les baha'is sont officiellement reconnus, les adorateurs des vaches, du Soleil et du feu leur emboîteront le pas" a écrit cet été un éditorialiste du quotidien al-Gomhoreya".
Dommage pour cet éditorialiste, les baha'is comptent plus de six millions d'adeptes à travers le monde. Dommage aussi qu'il oublie de préciser que dès 1948, alors que la plupart des peuples musulmans n'étaient pas représentés à l'ONU, le baha'isme est reconnu comme ONG par l'UNESCO et collabore avec cet organisme.
En mai dernier, le gouvernement Egyptien a fait appel de la décision du tribunal administratif et l'a portée devant la Cour administrative suprême. Le 2 décembre, les avocats des bahá'ís ont plaidé le rejet de l'appel du gouvernement arguant que l'arrêt du tribunal administratif était conforme à la loi. Le 16 décembre le ministère de l"intérieur a gagné son appel auprès de la cour administrative suprême, un organisme qui avait pourtant jugé en 1983 que les baha'is avaient le droit d'inscrire leur religion sur leurs papiers d'identité, la Constitution garantissant l'égalité des droits des citoyens : "Le jugement du 4 avril a reconnu nos droits sans s'exprimer sur notre religion, alors que celui du 16 décembre s'est fondé sur le rejet de notre religion sans s'intérresser à nos droits", déplore Bassem Wagdi, présente lors de la lecture du verdict, selon le Figaro. Mais comment pourrait-il en être autrement quand les principes constitutionnels occidentaux modernes édictés dans des Constitutions de complaisance entrent sans cesse en conflit avec ceux de la Charia, véritable source juridique de référence ?
Dans les pays musulmans, les bahaïs font donc l'objet de persécutions permanentes. Ils sont considérés comme "hérétiques" en Egypte selon un avis religieux exprimé par le Conseil des recherches islamiques d’Al-Azhar. Cet avis considère le bahaïsme comme une tendance qui contredit l’Islam et ses adeptes, des apostats. Selon cheikh Abdallah Sammak, l’islam ne reconnaît que les religions célestes. Cette religion s’inspire des rituels de l’Islam et du Coran mais en change l’interprétation et la pratique. Ils prient différemment, jeûnent différemment, leur lieu de pèlerinage est Akka (Acre ou Saint-Jean d'Acre en Israël ), en Israël, et bien qu’ils s’inspirent de certains versets du Coran, leur livre sacré s’appelle Al-Aqdass et ne croient en aucun prophète. « Le bahaïsme représente une menace pour l’islam car les adeptes de cette religion ne se contentent pas seulement de pratiquer leur rite, mais tentent également de semer des idées destructrices parmi les jeunes ».
Des idées destructrices : comprenez pour tous les nés-musulmans pouvant être influencé par une autre forme de pratique religieuse que l'islam et prêts ainsi à ne plus se soumettre à ses injonctions juridiques "divines" ...
Cette peur de la sortie de l'islam est très perceptible dans le témoignage du journal al-haram qui, sur cette question, glisse dans un article le témoignage compatissant suivant: "Mohamad Abdel-Fattah, musulman, confie avoir marié sa fille à un homme et après le mariage, elle s’est convertie au bahaïsme, la religion de son mari. « Ma fille a laissé tomber son hijab, sa prière et toutes ses croyances et elle a suspendu la photo de Bahaallah à la maison. Elle a essayé de me convaincre mais cela n’a pas marché. Aujourd’hui, j’ai peur pour mon petit-fils musulman et né de parents pareils », dit-il tout en ajoutant qu’il exploite l’absence de sa mère durant le travail pour lui faire apprendre quelques versets du Coran."
Il est amusant cependant de connaître ce petit détail de l'histoire, qui montrent par un double effet de ricochet l'influence que la liberté (de religion) peut engendrer dans un système non égalitaire : Et c'est surtout de cela dont ont peur les grands muftis. Des conséquences catastrophiques pour leur système politique théocratique de nature totalitaire que pourait engendrer l'apparition de cette liberté et donc de l'esprit critique. Ce qui ne manquerait pas de mettre à bas tout l'édifice juridique sectaire révélé, tout comme nous avons pu avoir, dans notre passé, la tentation d'une doctrine légitimant le droit monarchique divin...
Du temps de la lutte pour les droits civiques, à la suite d'Art Blakey et de Yussef Lateef, nombre de musiciens noirs new-yorkais se convertissaient à l'Islam. Mais Dizzy Gillespie avait préféré adopter la religion Bahaï. Il donnait l'explication prosaïque suivante à ce mouvement subi de conversions à l'Islam. Le converti abandonnait le nom anglais hérité de l'esclavage pour un nom islamique et selon un décret de la Cour Suprême sur la liberté religieuse inspiré par les relations amicales avec l'Arabie Saoudite, la carte d'identité obtenue ne présentait plus l'infamant "C" (pour "Colored"), toute mention à la couleur de la peau étant proscrite par le Coran. Ce qui permettait au plus foncé des Africains-Américains d'accéder aux lieux réservés aux "W" (White)!
En iran la situation est encore pire pour les adeptes de cette religion.
Le régime iranien actuel pratique la discrimination selon des critères religieux. Il reconnaît deux catégories de citoyens : les musulmans chiites -et dans une moindre mesure les sunnites- et les fidèles de religions antérieures à l’Islam (zoroastriens, juifs et chrétiens), citoyens de seconde zone. Les autres, en particulier les baha’is, les agnostiques et les athées, sont des non-citoyens.
En Iran, les baha’is sont victimes de ségrégation à tous les stades de leur vie. Par exeemple : ils n’ont pas droit aux études supérieures.
Depuis vingt-cinq ans, une génération, les fils et les filles de la minorité religieuse la plus importante du pays se contentent du baccalauréat. En Iran, c’est ainsi, pour avoir le droit de s’inscrire à l’université, il faut s’y présenter comme musulman, juif, zoroastrien, ou chrétien. Les baha’is refusent, par principe, de feindre la conversion. Ils n’ont donc pas droit aux études.
De quoi s’agit-il ? Depuis l’avènement de la République islamique en 1979, les quelque 300.000 baha’is d’Iran, sont considérés comme des “infidèles non protégés ”, des non-personnes, et n’ont ni droits, ni protection”, indique la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dans son rapport de 2003 sur les discriminations relgieuses en Iran. Ils n’ont pas le droit de percevoir de retraite, d’inscrire un nom sur la tombe de leurs défunts, d’hériter, de se réunir pour pratiquer leur culte.... Leurs lieux saints et leurs cimetières sont détruits. Les biens de nombreux baha’is confisqués. Des pressions sont exercées sur les employeurs pour licencier les salariés baha’is. Pourquoi ? Leur foi, qui a vu le jour en Iran, au 19ème siècle, est postérieure à l’islam, et à ce titre, elle n’est pas considérée comme une religion par le régime. Notons que le sort des autres religions n’est pas non plus très enviable. Les zoroastriens, juifs, et chrétiens, et à un degré moindre, les sunnites, sont, eux des “citoyens de seconde zone”, souligne la FIDH.
Au début des années 80, plus de 200 baha’is, parmi les membres les plus actifs, ont été exécutés pour avoir refusé de se convertir à l’islam. L’indignation de la communauté internationale a ralenti cette répression. Mais elle n’a jamais réussi à la stopper : la lutte contre les baha’is est désormais larvée. Un document interne signé, en 1991, de la main d’Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique, détaille une série de recommandations pour régler ce que les autorités appellent “la question baha’ie” :
“Le gouvernement traitera les baha’is de telle sorte que leur progrès et leur développement soient bloqués. (...) Il faut les expulser des universités, soit lors du processus d’admission, soit au cours de leurs études. (...) L’accès à l’emploi, s’ils s’affichent comme baha’is, doit leur être refusé.”.
Dernières petite précisions : en Egypte comme en Iran, la communauté baha'ique est en très forte diminution depuis que les régimes islamiques, sont, depuis les indépendances, revenus occupés leur traditionnelle et islamiquement conforme position politique centrale ... Poursuivant et finalisant par des moyens modernes la complète islamisation de leur pays ...
Une longue et patiente leçon d'Histoire à méditer ... pour les tenants d'une société ouverte à tous les vents de ... l'Histoire.
Pour mieux comprendre ajoutons qu'aujourd'hui il n'y aurait guère plus de 500 baha'iques en Egypte... une question, donc en voie de réglement naturel, tout comme l'épineuse question des chrétiens d'Orient en général ...
On ne pourra pas dire que l'Histoire ne nous avait pas prévenu ...




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